Investir dans des parts de Groupement Forestier revient à acheter une part de patrimoine déjà constitué composé de forêts.

Cet investissement forestier présente des avantages (aspect tangible, faible corrélation avec les actifs financiers, fiscalité avantageuse…), mais aussi des risques qu’il convient de bien connaître avant d’investir.

 

Risque de perte en capital (risque de marché)

Le prix de la part d’un groupement forestier n’est pas garanti : il dépend des prix du marché des forêts. En cas de cession, le prix de vente peut donc être inférieur ou supérieur à votre prix d’acquisition, ce qui peut occasionner une perte ou un gain en capital.

La SAFER publie chaque année un état du marché des forêts. Le prix moyen des forêts en France a progressé de 5% en 2023 par rapport à 2022, et de +40% au cours des 10 dernières années

Cependant, ces prix sont soumis à une forte disparité selon les tailles et les régions. Par exemple, en 2023 le prix des forêts de 10 à 25 ha a baissé de 10% tandis que celui des forêts de plus de 25 ha a augmenté de 10%. 

À long terme, malgré une assez forte volatilité sur les cycles courts, on constate que le prix de la forêt a été a minima stable inflation déduite, c’est-à-dire qu’il a compensé les effets de l’inflation. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le prix de la part d’un GFF est donc principalement influencé par le prix des terrains, le prix du bois et les taux d’intérêt. Outre les risques de tempête, gel, grêle, incendie... Ce placement est aussi soumis au risque phytosanitaire (insectes, champignons, maladies…).

 

Risque sur les revenus

Les GFF distribuent généralement des revenus annuels, d’environ 2 % par an. 

Ces revenus sont principalement tirés de deux sources : 

  • les ventes de bois,
  • les droits de chasse.

Ces revenus ne sont pas garantis et peuvent être nuls. Ils peuvent évoluer à la hausse ou à la baisse et sont dirigés par le prix du bois. 

Les facteurs climatiques peuvent avoir une forte influence : en mettant au sol 140 millions de m3 d’arbres, la tempête de 1999 a eu des répercussions pendant 10 ans sur le prix du bois ! 

 

Risque de liquidité

Le marché secondaire des forêts est peu liquide, bien moins que les actions ou les SCPI.

Les parts de groupements forestiers permettent de tempérer ce problème grâce à la mutualisation : il est souvent plus facile de vendre des parts de groupement forestier qu’une parcelle de forêt. 

Le plus souvent, la liquidité est organisée par un système de souscriptions/retraits : les demandes de retrait sont compensées par les nouvelles souscriptions. En cas de déséquilibre, certains groupements forestiers organisent un marché secondaire, voire disposent d’une poche de liquidité pour faciliter la sortie des investisseurs. 

Enfin, il faut noter que les Groupements Forestiers d’Investissement (GFI, statut moderne créé en 2019) sont généralement plus liquides que les GFF (Groupements Fonciers Forestiers, format historique de 1954).

Malgré ces dispositifs, les délais de revente ne sont jamais garantis. 

 

Risque concernant la responsabilité des associés

Dans un GFF, les associés sont responsables des dettes du groupement sur leur patrimoine personnel au prorata de leurs apports. Cette responsabilité peut donc théoriquement s’étendre au-delà des apports.

Dans un GFI, cette responsabilité est limitée au montant des apports de chaque associé.

 

Risque sur la fiscalité

Le régime fiscal des groupements forestiers est généralement plus avantageux en cas de durée de détention longue. Une sortie prématurée peut remettre en cause les avantages fiscaux recherchés initialement (par exemple, en cas de sortie avant 5 ans, la réduction d’impôt obtenue à la souscription sera remise en cause).

Il existe également un risque de changement fiscal ; cependant, le principe de non-rétroactivité fiscale protège les associés qui ont acquis des parts dans un contexte antérieur plus favorable. Une modification ne touchera que les nouvelles souscriptions.

 

Nos conseils pour limiter les risques

Pour limiter les risques nous vous conseillons : 

  • 1) D’intégrer ces placements uniquement dans le cadre d’un patrimoine diversifié, composé en majorité de placements plus liquides. Cela vous évitera d’avoir besoin de vendre vos parts prématurément.
     
  • 2) De consulter attentivement la documentation du groupement forestier, notamment les mesures mises en place par la société de gestion pour limiter le risque de liquidité (revente des parts avec un fonds de liquidités, organisation du marché secondaire…)
     
  • 3) De faire de la contrainte temporelle une opportunité, en inscrivant ce placement dans une logique de transmission à terme. Ce placement s’y prête particulièrement puisque les parts sont, sous conditions, exonérées de droits à 75% de leur valeur.

 

Notre dernier conseil : faites-vous accompagner dans votre investissement.

La forêt n’est pas un actif comme les autres… On n’achète pas des parts de forêt comme on achète une action : profitez de l’expérience d’un professionnel pour acheter dans les meilleures conditions !

 

Contactez un expert